neosletter 02 – “10 francs l’heure, ou 1000 francs la journée?”

Dans sa neosletter (lettre d’information interne), neonomia donne la parole à un·e coopérateur·rice pour son édito et son article, une façon de mettre en valeur la collaboration si chère à neonomia. Ce numéro-ci, un grand merci à Gidéon Urbach qui a pris la plume!

 

Il ne sera pas question ici de la journée de 100 heures, mais bien des différences de tarification. En général à l’extérieur de la coopérative? Non, tout simplement entre nous, ou entre deux mandats, ou entre deux années de pratique professionnelle peut-être, parce qu’on est devenu·e si furieusement demandé·e qu’on ne se vend plus à vil prix?

Timbrer – faire ses heures – prendre ses vacances – se faire verser un salaire… cette terminologie qu’on a toutes et tous déjà oubliée rime souvent avec tarif horaire… inconnu. Quel·le employé·e sait combien il/elle coûte à son employeu·r·se pour 60 minutes de disponibilité, répétées semaine, mois, année après année, avec une bonne dose de soumission, d’indifférence souvent, de résignation aussi?

Pour le/la petit·e indépendant·e, la situation est différente: la valeur du travail est chiffrée pour chaque mandat. Un récent breakslow a fait ressortir à ce sujet autant de pratiques et de réflexions qu’il y avait de motifs dans le marc des tasses. Alors quand on «aime ce que fait le client», beaucoup de choses sont possibles, surtout si on «n’aurait jamais eu sinon le mandat suivant, facturé normalement». Un escompte de 87% par exemple, mais clairement indiqué dans la facture. D’autres prônent une limite inférieure stricte, pour ne pas «casser le marché», l’expression ne pouvait pas manquer dans ces lignes.

A chacun·e ses habitudes de vie, ses objectifs et ses frais fixes, et à chacun·e ses microdécisions et priorités qui dessinent jour après jour les contours d’une vie professionnelle épanouie. Témoignage d’une quête… et bêtes questions d’argent. Entendu, nos tarifs peuvent donc varier énormément. Mais qu’en est-il du visage de neonomia? Notre coopérative ne donne aucune orientation en matière de tarification, sauf lors de mandats partagés peut-être, mais la marge de manœuvre reste sans doute très large. Est-ce qu’une prise de position de la coopérative sur ces questions serait bénéfique? Elle poserait un cadre, sous la forme de catégories de prestations avec des ordres de grandeur par exemple. Est-ce que l’affirmation identitaire de neonomia en bénéficierait? Des ordres de prix indicatifs nous aideraient-ils à gagner un visage? Une déclaration tarifaire permettrait éventuellement de positionner la monnaie Léman, de proposer éventuellement certaines formes de troc, ou de formaliser l’informel.

Pour qui travaille à son compte, via éventuellement le compte d’une coopérative, la distinction entre le temps dit «libre» et le temps dit «travaillé» tend à s’évanouir. La facturation ne tolère pourtant aucun évanouissement, car sans elle, même des journées de 100 heures ne suffiront pas à nourrir l’indépendant·e.

 

–– Gidéon